La Saône Vosgienne dans "Intercommunalités"

Moins de 4 000 habitants pour19 communes. Le seuil de 5 000 habitants défini dans la loi n’a pourtant pas amené la CDCI des Vosges à proposer une extension du périmètre de la communauté du Pays de la Saône Vosgienne. À la satisfaction de son président Alain Roussel, la commission a préféré prendre acte de la dynamique de cette communauté rurale et de son histoire longue. « Sûrement, à terme, le périmètre sera élargi », précise Alain Roussel, mais « il est préférable de ne pas casser la dimension communale de nos dynamiques intercommunales. Des ensembles trop larges risqueraient de donner naissance à une administration trop étoffée, au détriment de l’indispensable engagement de chacun des élus locaux. »

 

"Le développement du territoire passe par un dialogue renforcé avec l’espace urbain, via le Pays ou le SCOT"

 

Des compétences tournées vers les services au public
Les nombreuses compétences exercées par cette communauté reposent sur un projet de territoire et un programme d’actions pluriannuel bien établi. Si les axes d’intervention sont multiples (assainissement non collectif, habitat, développement économique), la priorité va au service à la population. C’est dans cet objectif qu’est créée la station service, que sont organisées les activités périscolaires, qu’est instauré, par délégation du Conseil général, un service de transport scolaire. La Saône Vosgienne est par ailleurs très
réactive aux multiples appels à projets de l’État. Elle a récemment été soutenue à ce titre pour élaborer son plan paysage, qui servira de support à son PLU intercommunal.

 

Travailler avec d’autres territoires
Alain Roussel et ses collègues ont fait le choix d’une synergie poussée et opérationnelle avec les trois communautés voisines. Les ententes se multiplient : sur le programme d’intérêt général de l’Anah (soutien de la réhabilitation thermique du bâti des centres bourgs...), sur la politique touristique (chacune des quatre communautés assure la mise en oeuvre des différents piliers de la stratégie commune), sur la politique médicale (lien numérique et coopérations entre les différentes maisons de santé intercommunales)… « Cette coopération nous a permis d’être labellisés "pôle d’excellence rurale" en matière de santé », souligne le président Roussel qui voit « dans cette synergie entre communautés
un des axes majeurs de développement de la capacité des territoires ruraux.
Chaque communauté reste garante de son développement mais nous mutualisons nos moyens en regroupant 5 000 habitants. » Le développement du territoire passe par un dialogue renforcé avec l’espace urbain, via le Pays d’Épinal Coeur des Vosges ou le Scot et avec les territoires ruraux du nord de la Franche-Comté et du sud-est de la Champagne-Ardenne, via le projet de parc naturel régional. « Cette articulation entre ces quatre échelles (communes, communauté, ententes, pays ou PNR) s’impose à nous si nous voulons construire une capacité d’action dans des territoires aux faibles moyens, rappelle le président Roussel. Il nous faut à la fois préserver la force essentielle de nos territoires ruraux que représente le bénévolat des conseillers municipaux, et dans le même temps construire les cadres indispensables de mutualisation et de cohérence de nos politiques publiques. »

Philippe Schmit

Source : Intercommunalités, n°184 décembre 2013

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